Réflexion personnelle

Si les réseaux sociaux ont permis l’essor d’une nouvelle forme de sociabilisation ainsi que le partage à l’infini de connaissances, ils ont aussi permis de diffuser facilement des discours haineux allant du racisme, en passant par l’homophobie, le négationnisme ou encore l’appel au meurtre.

La multiplication des discours de haine sur internet représente un danger réel pour nos sociétés démocratiques. Il en va donc qu’il est temps de trouver des moyens efficaces pour lutter contre ce phénomène contemporain. Il faut poursuivre plus efficacement ceux qui tiennent des propos illicites et encourager les victimes à porter plainte.

Ainsi, une des meilleures solutions à mettre en place serait de responsabiliser les plateformes comme Facebook ou Twitter à modérer plus efficacement les contenus haineux. Ces plateformes possèdent, certes, des chartes d’utilisation qui prévoient la modération des messages de haine, mais énormément de choses passent au travers des mailles du filet. Basées en général aux États-Unis où la liberté d’expression est totale, ces plateformes ont ainsi tendance à être laxistes au niveau de la modération. Des dispositions juridiques nationales et européennes devraient sanctionner beaucoup plus sévèrement ces sociétés qui laisseraient passer des propos illégaux.

Une autre issue envisageable serait de supprimer l’anonymat sur les réseaux sociaux. Beaucoup considèrent que c’est la seule solution pour combattre la cyberhaine. Mais cela semble en réalité une fausse bonne idée. En effet, il est tout à fait possible de retrouver les personnes qui se cacheraient derrière un compte anonyme pour répandre des contenus illicites. Par ailleurs, la fin de l’anonymat sur les réseaux sociaux paraît techniquement impossible à mettre en place. Enfin, cette mesure serait une entrave sérieuse à la liberté d’expression car elle empêcherait les personnes en danger ou des lanceurs d’alerte de pouvoir s’exprimer sans crainte de représailles.

Certains médias ont, face aux messages indésirables, pris la décision radicale de supprimer leurs espaces de commentaires. Mais cette « censure » semble infructueuse car les « haters » trouveront toujours un autre média pour répandre leurs contenus.

Pour conclure, face à la cyberhaine, il existe de nombreuses réponses ayant des côtés positifs et négatifs. Et si la meilleure solution était tout simplement l’éducation? C’est en tout cas ce qu’envisage Sherif Elsayed-Ali, directeur des programmes des thématiques mondiales d’Amnesty International, qui souligne : « Qu’il s’agisse de programmes éducatifs pour les écoles ou de campagnes sur les réseaux sociaux, le seul moyen efficace à long terme pour restreindre le racisme, le sexisme et les discours haineux, c’est d’aider les gens à mieux comprendre les conséquences de tels agissements. »